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David Cosandey
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An interview of me, by Anton Vos, published in November 1997 in the late
Journal de Genève, the erstwhile
reference daily of French Switzerland (Journal de Genève, 8 Nov 97, p.36).
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Inventifs, les Européens?
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"Le miracle européen". Quel autre nom donner à ce formidable creuset scientifique et technologique qu'a été le Vieux Continent durant ces derniers siècles? De la révolution industrielle à l'avènement de la science moderne en passant par une kyrielle de découvertes qui ont façonné l'image du monde entier, les succès de la civilisation de l'Europe occidentale ne cessent de soulever des interrogations. Quelles ont été les causes, les ferments nécessaires à un tel essor? Pourquoi cela s'est-il produit en Europe et pas ailleurs? Dans un ouvrage bien documenté, Le Secret de l'Occident, David Cosandey, docteur en physique théorique, s'essaie à une explication globale du phénomène.
Qu'y a-t-il de vraiment nouveau dans votre livre?
Votre théorie prétend expliquer pourquoi le plus important
développement scientifique et technologique de l'histoire a eu lieu en Europe...
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L'autre facteur est la division politique stable et durable: la coexistence de plusieurs Etats de longue durée, se livrant une compétition
Pourquoi cela n'a-t-il pas été le cas ailleurs?
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Cela facilite le commerce de manière générale et favorise l'apparition de plusieurs Etats indépendants qui deviendront forcément rivaux.
Ne peut-on pas évoquer d'autres facteurs qu'économiques et politiques pour expliquer ce développement scientifique?
Comment voyez-vous le présent et peut-être l'avenir à travers votre théorie?
Aujourd'hui, c'est le monde entier qui forme un système et l'Europe n'en forme plus qu'une composante. La guerre entre les grandes puissances n'est plus possible mais il reste toujours la compétition économique et de prestige. Il faut maintenant qu'à l'échelle du globe, il y ait plusieurs centres politiques puissants, riches et en concurrence. Ces conditions sont réunies actuellement avec la triade Etats-Unis-Europe-Japon.
Le Secret de l'Occident (Arléa)
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Une théorie audacieuse
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Ce qui est le plus audacieux dans la théorie énoncée par David Cosandey est la réfutation en bloc des dimensions culturelles ou religieuses comme facteur déterminant du développement des sciences et de la technologie. Avec une nuance importante toutefois: il admet volontiers que ces facteurs puissent avoir de l'importance à une échelle réduite, au niveau de l'individu ou sur une période courte, mais il les rejette en tant que guide des grands courants de l'histoire. A l'échelle de plusieurs siècles les motivations et les capacités des hommes sont, selon lui, toutes les mêmes, quelle que soit la civilisation à laquelle ils appartiennent. Seuls comptent des facteurs économiques et politiques particuliers (lire ci-dessus).
C'est l'identité même des Occidentaux qui est ainsi redéfinie. En gros, ce n'est pas parce que nous avons telle religion ou que nous appartenons à une telle ethnie que nous pouvons nous féliciter de notre avance technologique. C'est la situation géographique de l'Europe, le découpage |
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de son littoral grâce auquel des conditions politiques et économiques favorables ont pu être préservées longtemps, qui ont fourni l'avantage décisif, et rien d'autre.
Les échos de cette théorie dans les milieux intéressés reflètent beaucoup d'intérêt assaisonné d'un peu de prudence. L'ouvrage vient de sortir et il n'a pas encore été lu par tous. L'explication d'événements aussi importants par un nombre aussi restreint de facteurs est plus que séduisant mais ne semble pas toujours une pilule facile à avaler sans une gorgée d'eau. L'historien français Pierre Chaunu, par exemple, s'est montré très intéressé par la thèse de David Cosandey, bien qu'il reste convaincu que le facteur culturel, le bagage judéo-hellénique de l'Europe, a été déterminant dans l'évolution de la science dans la civilisation occidentale. "La seule manière de juger des théories de cette envergure est de voir si les prévisions qui en découlent se vérifient par la suite", estime-t-il. L'histoire nous le dira.
Anton Vos
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Last modified: 19 Dec 2007
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