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A paper by Michel Loriaux on intragenerational solidarity, explaining quite in detail the pension system theory exposed in The Self-Imposed Failure of Retirement Systems (see yellow marks, p.18-19). More suitable for the graphs: the pdf-file.

Safety copy of internet version Feb 07. Source
Self-Imposed Failure of Pension Systems
Cosandey



Les actions intergénérationnelles au service de la cohésion sociale dans les sociétés vieillissantes
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Les actions intergénérationnelles au service de la
cohésion sociale dans les sociétés vieillissantes
Michel LORIAUX
Institut de Démographie - UCL
Communication au séminaire "Comment favoriser les relations
intergénérationnelles", organisé par la Fondation Roi Baudouin
Bruxelles, Auditorium de la Banque Nationale, 27 novembre 2006

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L'intergénérationnel: une question de concept
L'intergénérationnel est à la mode comme le sont, ou l'ont été en d'autres temps,
la démocratisation de la justice ou la préoccupation écologique. Le terme est non
seulement utilisé comme adjectif, par exemple dans l'expression "relations
intergénérationnelles", mais aussi comme substantif quand on parle de
"l'intergénérationnel" tout court, et on sait que de nombreuses associations
orientées vers le troisième âge ont composé leur nom à partir de références à
l'âge ou aux générations : "Entr'Ages", "Mix'Ages", "Courant d'Age", "Part Age",
"Link Age", "Générations solidaires", etc.
En fait, au-delà des mots, l'intergénération est aussi un concept, au même titre
que beaucoup d'autres, comme le développement, la mondialisation, le genre, la
solidarité, l'intégration, l'équité, la qualité de vie, etc.
Et il est vrai que nous avons besoin de concepts pour donner un cadre structuré à
notre réflexion sur les faits sociaux, pour comprendre les mécanismes de leur
évolution ou pour assigner des objectifs à nos actions.
L'ennui, c'est que les concepts sont aussi des abstractions, des idées sans
contrepartie réelle immédiate, visibles et compréhensibles de tous, de sorte que
chacun n'a pas forcément une perception identique des mêmes concepts et
surtout que ces concepts sont souvent chargés de dimensions idéologiques
occultées, qui peuvent amener certains à les utiliser à des fins détournées de leur
conception initiale.
De ce point de vue, l'intergénérationnel n'est sans doute pas le concept le plus
suspect d'abus d'usages ou de détournements, mais il faut quand même
reconnaître qu'il est loin d'être transparent et qu'il reste ambigu, en partie déjà
peut-être simplement parce que la notion de génération n'est pas elle-même
univoque et simple à décrire. Depuis longtemps les sociologues et d'autres
scientifiques s'y sont essayés, sans toutefois forcément réussir à se mettre
d'accord.
Au fait, c’est quoi une génération ?
Les démographes ont pour leur part une approche assez simple, mais qui se
révèle vite simpliste, puisqu’ils parlent généralement des générations en les
décrivant comme des “cohortes” qui désignent des personnes ayant en commun
d’être nées durant une période déterminée, généralement l’année civile. Mais
cette façon de procéder laisse apparaître rapidement ses limites, car le critère qui
cimente la cohorte et rassemble ses membres est assez fragile, sans contenu
social, ni sociologique.

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D’où la tentation de vouloir identifier les générations en établissant des relations
entre un faisceau de classes d’âges et des événements qui ont pu marquer les
individus qui les composent à un moment ou l’autre de leur cycle de vie, ou avec
des conditions de vie commune. Malheureusement, ce qui peut paraître simple
en théorie se révèle souvent très complexe en pratique, car une génération n'est
pratiquement jamais désignée par un seul événement ou une seule condition,
mais bien par une succession d’événements ou de conditions : de surcroît, ces
mêmes événements ou ces mêmes conditions ne sont généralement pas le fait
d’une seule génération, ou d’un seul faisceau de générations, mais de l’ensemble
de toutes les générations qui constituent une société et qui ont simplement subi
ces événements ou ces conditions à des âges différents. C’est ainsi que l’on peut
parler des générations du baby boom, de la télévision, de la pilule contraceptive,
de Mai 68, de l’ordinateur familial, de l’écologie, etc..., mais en reconnaissant
qu’il s’agit plutôt là de labels à connotation publicitaire qui constituent des
repères chronologiques commodes, sans plus.
La preuve c’est que, bien souvent, les membres d’une de ces pseudo-générations
n’ont pas une conscience très nette d’y appartenir : ainsi les enfants dits du
“baby boom”, c’est-à-dire ceux qui ont en commun d’être nés pendant une période
de reprise de la fécondité (pratiquement entre 1945 et 1965), ne sont pas pour
autant automatiquement sensibilisés par cette situation commune. Par contre, il
est possible qu’à l’aube du XXIè siècle, les générations “pleines” du baby-boom
prendront conscience des dangers qui pèsent sur le financement de leurs
retraites du fait de la réduction des classes actives constituées par les
générations “creuses” d’après 1965, et qu’elles décideront de s’organiser
davantage en mouvement de revendication sociale et de pression politique.
Dans pareil cas, le facteur qui a donné naissance à l’unité de la génération n’est
pas à proprement parler l’événement-source (le “baby boom”), mais l’évolution
sociétale qui a braqué depuis plusieurs années les projecteurs de l’actualité sur
le secteur de la sécurité sociale. A travers de tels exemples, on voit que la
stratification des âges ne peut être assimilée à une simple superposition de
générations qui seraient identifiées simplement par leur date de naissance.

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Figure 1 : Un exemple de chronologie utile pour le « marquage » historique des
générations
Source : E. Franken, Peut-on créer de l’intergénérationnel ?, L’Observatoire, 2000, N° 29,
p 79
Sans doute les choses seraient-elles infiniment plus simples pour les sociologues
s’il en était bien ainsi et si, de surcroît, l’échelle des âges présentait une
correspondance stricte avec l’échelle des valeurs, celle des attitudes ou celle des
statuts sociaux. Mais heureusement pour l’autonomie et la liberté humaine, il
n’en est rien, et le marquage d’une génération par un événement n’est le plus
souvent qu’une “construction rétrospective et sélective”, c’est-à-dire un artefact
intellectuel qui peut devenir dangereusement réducteur s’il est manipulé sans
précaution.
Toutes les sociétés humaines sont multigénérationnelles...
Cependant, le plus important n’est sans doute pas d’identifier et de marquer
chaque génération, ce qui serait une opération sans grande utilité et
probablement vouée à l’échec, mais bien de reconnaître le caractère
multigénérationnel de toute société humaine, c’est-à-dire non seulement le fait
qu’elle est constituée de plusieurs générations, mais surtout celui qu’elle est faite
du croisement, de l’intersection et de la pénétration de toutes ces générations et
non de leur simple empilement.

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Par ailleurs, la vision horizontale des générations successives qui forment la
trame de l’évolution historique des sociétés serait incorrecte si elle n’était pas
complétée par une perspective verticale mettant les générations en rapport via
les liens de filiation au sein de la famille et de la parentèle. La trame
générationnelle d’une société est donc nécessairement double, à la fois
horizontale et verticale, ou longitudinale et transversale, dans la terminologie en
usage chez les démographes.
Bien entendu, une telle situation a toujours existé et, à ce titre, on pourrait donc
dire que la préoccupation intergénérationnelle répond plus à un effet de mode
qu’à une véritable innovation. Et il est vrai qu’autrefois les difficultés de survie
qui s’imposaient à tous les groupements humains rendaient nécessaires
certaines formes de cohabitation et de solidarité entre générations, ce qui se
traduisait notamment par la constitution de familles élargies pluri-
générationnelles et de groupements locaux de défense. Mais entre-temps la mort
a reculé, réduisant les menaces qui pesaient sur les catégories les plus exposées,
les enfants, les mères, les vieillards, et l’État s’est de plus en plus imposé comme
l’organisateur de la protection et de la sécurité collective, se substituant à la
famille et aux groupes primaires de proximité.
Aujourd’hui la situation a encore progressé, puisque les difficultés financières
des gouvernements et les attaques réitérées contre “l’état providence” ont conduit
les pouvoirs publics à remettre en question un certain nombre de leurs
engagements et de leurs responsabilités, recherchant dans les mouvements
associatifs des relais pour assurer certains des rôles traditionnellement dévolus
aux familles et au voisinage.
... mais les sociétés vieillissantes le sont plus encore.
Pourtant, il existe une différence fondamentale entre les situations anciennes et
les situations contemporaines, qu’on pourrait résumer en disant que nos sociétés
sont plus multigénérationnelles qu’elles ne l’ont jamais été et que leur caractère
multigénérationnel accentué constituera probablement un des défis les plus
importants qu’elles auront à rencontrer dans les années ou les décennies à venir.
Et deux grandes “causes” peuvent être associées à cette évolution, l’une en
rapport avec la dimension horizontale de l’intergénérationnel, l’autre avec sa
dimension verticale. La première tient à ce qu’il est convenu d’appeler
l’accélération de l’Histoire, qui a provoqué l’apparition de plus en plus rapide de
générations-événements nombreuses et contrastées. Augustin Cournot,
mathématicien et philosophe français du XIXème siècle essayait de faire une
lecture de l’histoire des Temps Modernes en organisant un découpage séculaire
en trois segments générationnels mis bout à bout.

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Mais de nos jours, la succession des événements est tellement rapide que la
distance entre deux générations significativement différentes n’est plus le quart
ou le tiers du siècle, ni même la décennie, mais des durées plus courtes, tant des
faits et des circonstances nouvelles se bousculent au portillon de l’actualité,
chaque groupe générationnel pouvant se déterminer par rapport à ceux-ci en les
intériorisant ou en les adoptant comme des repères ou des marqueurs
d’identification sociale. Pour prendre un exemple emprunté à l’informatique, il
est clair que la génération “Apple” risque de ne pas s’identifier avec la génération
“Commodore” ou “Sinclair” et que les nouveaux venus du multimédia sur
internet ne se sentent pas très proches des pionniers des ordinateurs personnels
ou des adorateurs de la petite pomme rouge.
La seconde cause se rapportant à la dimension verticale de l’intergénérationnel
tient à la profonde révolution épidémiologique qui a permis les remarquables
progrès de longévité ayant marqué le XXe siècle et qui ont eu pour conséquence
dérivée de faire coexister dans le même espace temporel des “générations
familiales” nombreuses qui autrefois ne partageaient que de brèves périodes de
vie commune. Paradoxalement, alors que les familles nombreuses sont en voie
de disparition rapide, les générations nombreuses ont tendance à s’y substituer.
Figure 2 : L’élargissement de la parentèle : les familles à quatre générations
(d’après les niveaux de mortalité en Belgique, 1994)
Résultats : une fille de 5 ans a en moyenne 3,4 grands-parents survivants (sur 4 possibles et
1,8 arrière-grands-parents survivants (sur 8 possibles)
Source : l’auteur
Fille
(p
5
= 0,994)
P
(p
34
= 0,968)
M
(p
31
=0,986)
GP
(p
63
= 0,823)
GM
(p
60
= 0,922)
GP
(p
60
= 0,858)
GM
(p
57
= 0,936)
AGP
(p
92
= 0,057)
AGM
(p
89
= 0,282)
AGP
(p
89
= 0,115)
AGM
(p
86
= 0,411)
AGP
(p
89
= 0,115)
AGM
(p
86
= 0,411)
AGP
(p
86
= 0,199)
AGM
(p
83
= 0,534)
0,045
0,223
0,102
0,365
0,097
0,346
0,183
0,490
+
+
+
+
+
+
+
= 1,85

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On le sait, les conditions actuelles de longévité permettent la présence
simultanée dans certaines familles de quatre ou cinq générations en filiation
directe, et même si les périodes de vie réellement partagées ne sont pas toujours
plus longues qu’autrefois pour tous, la nature des relations entre les membres de
la parentèle est appelé à changer considérablement : comme l’écrivait A.
Cournot, “une plus grande durée de compagnonnage favorise les influences
réciproques, accentue les rapports de compétition ou de coopération selon les cas,
modifie, aux diverses étapes du parcours de vie, la configuration des enjeux liés à
la séparation, à la distribution du pouvoir, à la détention et à la répartition des
biens économiques et symboliques”.
Les rôles des femmes et des hommes y sont bouleversés
On pourrait donner de multiples exemples des changements induits par cet
allongement de la vie et par la multiplication des générations. Ainsi, la femme
mariée dans la cinquantaine risque d’avoir à la fois des petits enfants et de
posséder encore ses parents ou beaux-parents, de sorte que les contraintes qui
pèsent sur elle peuvent devenir très lourdes, dans la mesure où elle est sollicitée
à la fois par le bas et le haut de l’échelle des âges et qu’elle est parfois
littéralement transformée en femme “Atlas”, obligée de supporter et d’entretenir
à la fois ses descendants et ses ascendants, tout en exerçant souvent une
profession extérieure, et de devenir, parfois contre son gré, un véritable otage
familial de l’intergénérationnel.
Pour l’homme, même si ses rôles familiaux et domestiques sont sensiblement
différents, et s’il bénéficie moins des progrès de longévité à cause de la
surmortalité masculine qui donne un avantage de survie de 5 à 8 ans
supplémentaires en moyenne aux mères, il n’empêche que s’il est retraité ou
préretraité à 55 ans, il conserve une perspective de vivre encore 20 ou 30 ans en
dehors des contraintes du travail, dans une optique de temps libéré, ce qui
contraste fortement avec la situation qui prévalait encore dans les années
d’immédiat après-guerre, où la retraite était pour beaucoup de travailleurs
l’antichambre de la mort en ne la précédant que de peu de temps.
Arrivé à cette phase de sa vie, il a aussi de sérieuses chances d’avoir encore
plusieurs de ses parents et/ou beaux parents survivants, et il ne deviendra
probablement orphelin complet qu’après avoir déjà quitté la vie professionnelle
depuis plusieurs années. Conséquence concrète immédiate : deux générations de
retraités en rapport de filiation directe sont appelées à se côtoyer, et parfois à
cohabiter et à s’entretenir mutuellement.
Conséquence indirecte : si les enfants sont quasiment assurés de garder leurs
parents jusqu’à un âge avancé, ils doivent aussi se résoudre à ne pas hériter de
leurs géniteurs avant d’être eux-mêmes retraités, à un moment où leurs besoins

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financiers sont sans doute moindres et leurs projets d’investissements mobiliers
et immobiliers réduits.
A travers ces quelques illustrations, on découvre donc que l’intrusion de
l’intergénérationnel dans le discours des chercheurs et dans la pratique des gens
de terrain n’est pas un phénomène aléatoire, ni une mode, mais qu’elle
correspond à un besoin nouveau répondant lui-même à une situation nouvelle.
Le principal problème que pose l’existence de générations nombreuses, à la fois
dans la parentèle et dans la société, c’est d’abord le fait que le flux générationnel
s’est considérablement accéléré mais aussi et surtout le fait que l’on assiste à une
diversification accrue des situations et des conditions de vie des diverses
générations. Bien évidemment toutes les générations n’ont pas des besoins ou
des aspirations identiques, et là où certains aspirent à plus de loisirs, de voyages
et de divertissements, d’autres espèrent avoir une utilité collective, tandis que
d’autres encore se réfugient dans le travail et dans la reconnaissance
professionnelle, sans parler des générations d’enfants, d’adolescents et
d’étudiants qui ont aussi des demandes fondamentalement différentes.
La multiplicité des générations menace les équilibres de nos sociétés
Or, il est toujours extrêmement difficile dans une collectivité de satisfaire
simultanément des besoins très différents, et parfois même opposés, alors que la
disponibilité de moyens limités impose généralement des arbitrages complexes et
des choix délicats. Faut-il encourager l’épargne ou la consommation, favoriser les
jeunes ou les vieux, construire des écoles ou des maisons de repos, améliorer les
conditions de vie pénitentiaires ou indemniser les victimes, assurer la protection
des personnes ou des biens...? Autant de questions qui ne peuvent généralement
pas recevoir de réponses simples ou uniques, lesquelles ne sont d’ailleurs jamais
exemptes de considérations normatives ou idéologiques.
Figure 3 : La double dimensionnalité des générations dans les sociétés
multigénérationnelles.
.
a
u
t
re
s
st
ru
c
tu
r
e
s
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te
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n
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structures sociales
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e
s
s
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d
t
e
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e
g
â
appro che longitudinale
fo rmatio n des générations-événemen ts
dan s l'His toire sociétale
approche transversale
relations de filiation dans la parentèle
Age
Temp s

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Source : l'auteur

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Et peut-être existe-t-il là une possibilité de déstructuration de nos sociétés dans
la mesure où, étant composées de segments sociaux animés d’intentions aux
caractéristiques très diversifiées et de besoins fortement différenciés, elles
risquent de devenir de plus en plus difficiles à gérer. Car souvent les politiques
adoptées par les pouvoirs publics, qu’elles soient sociales, économiques,
sanitaires ou culturelles, sont uniformes et tiennent peu compte des disparités
entre les différentes couches de la population.
Figure 4 : Une typologie des générations selon Xavier Gaullier (1999) : quels
risques de conflits intergénérationnels ?
1900 - 1920
Générations « reléguées » (les grands vieillards -
problèmes nombreux et mal résolus de dépendance, de
solitude, de pauvreté, de santé)
1920 - 1945
Générations des « trente glorieuses » (actuellement à la
retraite = welfare generation)
1945 - 1975
Générations du « baby-boom » = générations sacrifiées ou
des « born to pay » (chômage, stagnation des salaires,
cessation d’activité anticipée, etc.) retraite à partir de
2005
1975 - 2000
Générations « de la crise » (dépendance - inégalité)
retraite à partir de 2035
2000 - ?
Générations « des enfants », retraite à partir de 2060
(incertitude maximale sur l’avenir)
Source : adapté par l’auteur d’après : Xavier Gaullier, Les temps de la vie. Emploi et retraite,
Paris, Ed. Esprit, 1999
La question qui se pose donc avec acuité est de savoir si le rythme de mise en
oeuvre de mesures d’adaptation sociétale pour limiter les conséquences négatives
du vieillissement démographique et sociétal sera suffisant pour absorber le flux
générationnel et pour faire front à la complexification des structures collectives.
Autrement dit, ce qui devrait être une source de progrès et une raison de
satisfaction (à savoir les progrès de longévité et de qualité de vie) risque de se
transformer en une cause de déstabilisation, de désordre et de chaos sociétal.
Il résulte notamment de ce diagnostic que tout doit être mis en oeuvre pour
encourager l’intergénérationnel, ou plus exactement pour assurer le
développement des solidarités intergénérationnelles, car l’intergénérationnel ne
peut se concevoir sans y intégrer une notion de solidarité.

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Et cela pour une raison simple, à savoir que les sociétés vieillissantes et
multigénérationnelles ont davantage besoin que toutes les autres de mécanismes
régulateurs non seulement pour assurer une répartition équitable des ressources
entre toutes les générations, jeunes et vieilles, et toutes les catégories, actives et
inactives, malades et bien portantes, mais aussi pour faciliter une
reconnaissance réciproque de toutes les générations les unes par rapport aux
autres, devant se traduire par la passation d’une sorte de nouveau contrat social
intergénérationnel ou chacun, quel que soit son âge ou son statut, se voit
reconnaître des droits et des devoirs équitablement répartis et assigner des rôles
sociaux en rapport avec ses compétences et ses aspirations.
Bien évidemment, dans une telle approche il y a un parti pris idéologique, celui
de la solidarité et de la priorité communautaire, plutôt que celui de
l’individualisme et de l’atomisation de la société.
… Et particulièrement en matière de sécurité sociale
Mais sans vouloir en aucune manière le renier, je postule seulement que c’est la
nature nouvelle des relations et des interactions entre les membres de ces
nouvelles sociétés multigénérationnelles qui rend ce choix quasiment inévitable,
sauf à accepter que les conflits ou les affrontements entre générations se
multiplient et débouchent sur la si souvent évoquée guerre des générations, qui
pourrait, si elle devait réellement avoir lieu, ne laisser que ruines et désolations
sur les vestiges d’une civilisation qui n’aurait pas réussi à absorber le choc de la
longévité et de la géritude.
Un exemple souventt:127">protection sociale, notamment en matière d’assurance vieillesse et de maladie.
Face aux deux grands principes antagonistes, par répartition ou par